Campus
Qui se cache derrière le nom des bâtiments et des salles ?

Un hommage aux femmes scientifiques

Bâtiment Rosalind Franklin

Le bâtiment Rosalind Franklin est situé sur le campus de Rennes (bâtiment 15).

Rosalind Franklin, de son nom complet Rosalind Elsie Franklin, est une scientifique britannique reconnue pour sa contribution à la découverte de la structure hélicoïdale de l’acide désoxyribonucléique (ADN). Elle est aussi connue pour le rôle majeur qu’elle a joué dans la compréhension de la structure des virus, notamment celui de la mosaïque du tabac.

Ce que l'on dit à propos d'elle

‘‘As a scientist Miss Franklin was distinguished by extreme clarity and perfection in everything she undertook. Her photographs were among the most beautiful X-ray photographs of any substance ever taken.’’

1958, John Desmond Bernal, scientifique renommé du Royaume-Uni et pionnier de la cristallographie aux rayons X

Rosalind Franklin

Rosalind Franklin naît le 25 juillet 1920 dans une influente famille juive de Notting Hill. Elle sait dès l’âge de 15 ans qu’elle veut devenir scientifique.

Elle est diplômée en 1941 de la prestigieuse l’Université de Cambridge, où elle étudie la chimie physique. Elle reçoit alors une bourse pour conduire des recherches dans ce même domaine à Cambridge. Mais la seconde guerre mondiale la fait changer de voie ; elle abandonne sa bourse en 1942 pour la donner à un réfugié juif qu’elle accueillait et s’engage comme garde dans la London Air Raid. Elle travaillera ensuite à la British Coal Utilisation Research Association. En parallèle, elle continue de rédiger sa thèse, et c’est en 1945 qu’elle reçoit son doctorat de Cambridge.

De 1947 à 1950, elle part à Paris où elle travaille avec Jacques Méring au Laboratoire Chimique de l’État à l’étude de la technologie de la diffraction des rayons X.

En janvier 1951, Franklin retourne à Londres et rejoint le Laboratoire Biophysique de King’s College. Là-bas, elle utilise la méthode de la diffraction des rayons X pour étudier la molécule de l’ADN. C’est alors qu’elle découvre que la structure de l’ADN est une double-hélice.

À partir de 1953, Franklin travaille au Laboratoire Cristallographique de Birkbeck College où elle débute un projet sur la structure du virus de la mosaïque du tabac. Elle participe notamment à montrer que l’acide ribonucléique (ARN) de ce virus est intégré dans ses protéines, et non pas dans sa cavité centrale, et qu’à l’inverse de l’ADN, l’ARN n’est constitué que d’une hélice simple brin.

Fin 1956, Franklin apprend qu’elle a un cancer de l’ovaire. Elle continue à travailler malgré les opérations et la chimiothérapie expérimentale. Elle meurt finalement le 16 avril 1958, à 37 ans, après 10 mois de rémission.

Elle reçoit tout de même en 2008 le prix d’honneur Louisa-Gross-Horwitz pour sa contribution remarquable à la recherche fondamentale en biologie.

Alors que peu de choses étaient connues concernant la composition chimique ou la structure de l’ADN, Rosalind Franklin découvre rapidement lors de ses travaux à King’s College que la molécule d’ADN possède une conformation en hélice. Avec son élève Raymond Gosling, elle parvient à prendre en photo l’ADN sous plusieurs formes, en utilisant la technique de la diffraction des rayons X.

C’est grâce à un cliché en particulier qu’elle réalise (Photograph 51), divulgué sans son accord par un de ses collègues avec qui elle est en conflit, que James Watson et Francis Crick arrivent à la conclusion que l’ADN est un polymère en double-hélice constitué de deux simples brins d’ADN enroulés l’un l’autre.

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Ni l’un ni l’autre ne cite Franklin dans leur publication scientifique de 1953, même publication qui, quelques années plus tard, en 1962, leur vaudra un prix Nobel. Un second article est publié juste après mentionnant cette fois-ci les travaux de Rosalind Franklin, mais cet article ne semble que soutenir une fois de plus celui de Watson et Crick. Il faudra attendre 2003 pour qu’enfin, lors d’une interview de Watson, ce dernier reconnaisse que Franklin aurait également mérité un prix Nobel.

La même année, la Royal Society crée un prix Rosalind-Franklin qui récompense chaque année une femme scientifique. En 2008, Rosalind Franklin reçoit à titre posthume le prix Louisa-Gross-Horwitz, prix qui récompense les contributions remarquables à la recherche fondamentale en biologie et biochimie. En mars 2020 enfin, le Time Magazine la cite dans les 100 femmes ayant marqué les 100 dernières années.

Salle Temple Grandin

La salle Temple Grandin est située dans le bâtiment 15 du campus de Rennes.

Temple Grandin est une scientifique Américaine et porte-parole des personnes autistes de renommée internationale. Elle enseigne la zootechnie et les sciences animales à l’Université d'État du Colorado depuis plus de 25 ans.

Tout au long de sa vie, elle a travaillé à mieux comprendre le fonctionnement de son esprit et à partager cette connaissance afin d’aider les personnes autistes. Sa compréhension de l’esprit humain l’a aidée dans son travail sur le comportement animal.

Elle a ainsi conçu des systèmes de manutention du bétail destinés à réduire le stress des animaux, avec un succès tel qu’aujourd’hui, en Amérique du Nord, la moitié de ces installations a été conçue par elle.

Temple Grandin

Temple Grandin naît le 29 Août 1947 à Boston (Etats-Unis). Bien qu’elle n’ait pas été formellement diagnostiquée comme autiste avant d’être adulte, elle est tout de même diagnostiquée à deux ans comme ayant des “dommages cérébraux” et ne parle pas avant ses 3 ans et demi. Elle bénéficie cependant d’un suivi précoce, notamment en orthophonie, dès son très jeune âge. A 5 ans, elle entre dans un jardin d’enfant classique.

Elle poursuit ensuite son éducation dans une série d’écoles privées. Au lycée, elle crée une machine à câlins qui a pour but de l’apaiser, en s’inspirant d’une machine qui servait à tenir en place le bétail lors de différentes procédures comme des vaccinations. Elle s’en sert pendant de nombreuses années, jusqu’à ce qu'elle se casse en 2008. Des versions améliorées de sa machine ont été largement utilisées dans les écoles pour apaiser les enfants autistes, mais aussi par des adultes autistes, pour s’apaiser eux-mêmes.

En 1970 elle obtient une licence de psychologie, puis un master en 1975 et un doctorat en 1989, tous deux dans le domaine des sciences animales.
Depuis 1990, elle enseigne à l’université d'État du Colorado. Elle y dirige également l'entreprise Grandin Livestocks Systems.

Au travers de l’entreprise Grandin Livestocks System, Temple Grandin a créé des installations de manutention du bétail aujourd’hui utilisées en Amérique du Nord et Centrale, Europe, Océanie. A l’heure actuelle, la moitié des installations de manutention de bétail d’Amérique du Nord a été conçue par elle.

Temple Grandin a aussi élaboré un système de notation permettant d’évaluer le stress du bétail et des cochons dans les abattoirs, système beaucoup utilisé par de grandes compagnies pour améliorer le bien-être animal.

Porte parole des personnes autistes, elle a écrit de nombreux articles et plusieurs livres sur le sujet, parmi lesquels on compte par exemple Developing Talents: Careers for Individuals with Asperger Syndrome and High-Functioning Autism (2004) ou encore The autistic brain, thinking across the spectrum (2013), co-écrit avec Richard Ranek. Elle a aussi écrit deux ouvrages biographiques dans lesquels elle fait notamment part de son expérience en tant que personne autiste. 

Temple Grandin a également publié plus d’une demi-douzaine de livres sur le bien-être animal, dont deux, Animals in Translation et Animals make us Human ont été sur la liste des bestsellers publiée par le New York Times.

Elle a aussi fait de nombreuses apparitions à la télévision, à la radio et participé à la rédaction de plus de 400 articles scientifiques.

En 2010, le Time Magazine l’a inscrite dans sa liste des 100 personnes ayant le plus d’influence.

En 2017, elle a été intronisée dans le Women’s Hall of Fame,  et  nommée membre de l’American Association for the Advancement of Science l'année suivante.

Chiffres clés

20 associations et 40 clubs étudiants

271 places en cités étudiantes

1 gymnase sur chaque campus, une douzaine de sports au choix

55000 ouvrages et 400 périodiques en consultation