Agenda
À la une

Soutenance de thèse d'Estelle Postic

Amphi Matagrin, campus de Rennes

Protection intégrée contre les pucerons des fraisiers : comprendre l’écologie des espèces pour optimiser l’efficacité des auxiliaires

Thèse dirigée par Anne Le Ralec - UMR Institut de Génétique Environnement et Protection des Plantes (IGEPP)

Résumé

La lutte biologique inondative consiste à élever en masse des ennemis naturels de ravageurs puis à les relâcher dans une culture afin de contrôler les populations de ravageurs. Bien que ce mode de protection des plantes soit très répandu pour différentes productions sous serre, dans certaines situations, il ne permet pas d’obtenir un contrôle efficace. C’est le cas de la lutte biologique dans la culture de fraises sous serre contre les pucerons, des ravageurs majeurs. L’objectif de cette thèse a été d’étudier l’écologie des interactions entre ravageurs et auxiliaires afin de mieux comprendre les déterminants écologiques et évolutifs de l’échec d’un programme de lutte biologique. L’étude des communautés de pucerons et de parasitoïdes colonisant spontanément les serres a permis d’identifier les espèces les plus adaptées à la régulation des pucerons et l’existence potentielle d’interactions indirectes pouvant limiter l’efficacité de la lutte biologique. Nos travaux montrent aussi que les pucerons sont souvent infectés par des symbiotes bactériens pouvant conférer une résistance vis-à-vis des parasitoïdes lâchés. Enfin, l’analyse de la variabilité génétique au sein des populations parasitoïdes sauvages et commercialisées a mis en évidence une différenciation génétique entre ces auxiliaires naturels et produits en masse. Cette différenciation étant associée à une perte de diversité génétique des populations commercialisées, la question leur efficacité vis-à-vis des pucerons se pose. Ces résultats permettent d’envisager des solutions pour améliorer la lutte biologique en culture sous serre.

Mots clés : Lutte biologique, pucerons, parasitoïdes, culture sous serre, communautés, bactéries symbiotiques, spécialisation écologique

Abstract

Inundative biological control consists in mass-rearing natural enemies of crop pests and releasing them in an agroecosystem to regulate pest populations. While this technique is widespread for some greenhouse crops, sometimes it does not ensure an efficient pest control. This is the case for biological control of aphid pests in protected strawberry crops. The objective of this thesis was to study the ecological interactions among pests and their natural enemies in order to identify the ecological and evolutionary factors that could explain the failure of a biological control program. By studying aphid and parasitoid communities and their trophic networks, we identified parasitoid species adapted to control aphids and potential indirect interactions that could limit biological control efficiency. Moreover, we showed that aphids in strawberry greenhouses were often infected with bacterial symbionts that may confer a protection against the released parasitoids. Finally, a population genetics study of both wild and mass-reared parasitoids indicated a genetic differentiation between commercial and wild parasitoids. This genetic differentiation being associated with a loss of genetic diversity within commercial populations, this raises the question of their efficiency against the targeted aphid pests. All these results allow considering possible solutions to improve biological control in protected crops.

Keywords: Biological control, aphids, parasitoids, protected crops, communities, bacterial symbionts, ecological specialization