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Soutenance de thèse de Xavier Mesmin

Amphi Roux, AGROCAMPUS OUEST campus de Rennes

La régulation naturelle des insectes ravageurs des cultures légumières et ses conséquences sur la production : quantification du service fourni et recherche de leviers pour son intensification

Thèse dirigée par Anne Le Ralec, UMR IGEPP

Résumé

Dans la perspective du développement d’une agriculture moins dépendante en intrants chimiques, il est important d’évaluer l’efficacité de solutions alternatives de protection des cultures. La lutte biologique par conservation consiste à maximiser les services de régulation naturelle fournis par les ennemis naturels des bioagresseurs et paraît prometteuse pour contrôler les insectes ravageurs. L’objectif principal de cette thèse est de quantifier l’efficacité de la régulation naturelle, en termes de réduction des populations de ravageurs, mais aussi d’effet sur la production agricole. Cette seconde dimension de l’efficacité n’étant mesurable que si les ravageurs génèrent effectivement des dommages, nous avons d’abord cherché à quantifier leur nuisibilité, évaluant ainsi la quantité résiduelle de ravageurs acceptable. Nous avons ensuite quantifié le nombre et la proportion d’insectes ravageurs supprimés par les prédateurs et les parasitoïdes, en cherchant à identifier les espèces et groupes fonctionnels responsables de cette régulation. Enfin, certains d’entre eux hivernant à l’intérieur des parcelles et étant donc potentiellement sensibles aux perturbations parcellaires, nous avons évalué l’effet du travail du sol en sortie d’hiver sur leur mortalité et sur les niveaux de régulation naturelle obtenus. Ce travail a été mené sur deux types de ravageurs (la mouche du chou et les pucerons) et sur deux types de brassicacées légumières (brocoli et navet), pour partie en parcelles expérimentales et pour partie chez des producteurs de deux coopératives agricoles partenaires. Nous montrons que la nuisibilité de la mouche du chou est extrême sur navet et plus variable sur brocoli. Sur ces derniers, les plants peuvent mourir en cas de forte attaque précoce et la croissance des plantes est affectée dès les plus faibles densités, conduisant à des retards de production. Nous démontrons dans un second temps que les prédateurs épigés limitent significativement les populations nuisibles de pucerons et de mouche du chou, conduisant à une baisse conséquente de la mortalité des brocolis. Nous montrons également que la précocité d’activité des prédateurs est probablement le trait déterminant l’efficacité de cette régulation. Si les parasitoïdes de la mouche du chou interviennent trop tard pour réduire les pertes de production à court terme, ils contribuent en revanche fortement à limiter le nombre de ravageurs infestant les cultures suivantes. Enfin, nous montrons qu’une simplification du travail du sol au printemps n’est pas suffisante pour augmenter le service de régulation assuré par les ennemis naturels, mais que ces pratiques pourraient avoir des effets sur le service de régulation à plus long terme. Les connaissances acquises dans ce travail permettent d’identifier des pistes de lutte biologique par conservation passant en particulier par la préservation des prédateurs généralistes précoces.