Agenda
À la une

Soutenance de thèse de Clémence Panzuti

Amphi Rieffel, AGROCAMPUS OUEST campus de Rennes

Sevrage précoce et alimentation post-sevrage chez la chevrette : Impacts sur les performances zootechniques et sur le développement mammaire

Thèse dirigée par Jacques Dessauge, UMR Pegase

La maîtrise de la conduite d’élevage de la chevrette laitière est essentielle et implique la détermination des phases clés au cours de la période de croissance, notamment pour la mise en place de la glande mammaire. L’objectif de cette thèse était d’étudier les effets d’un sevrage précoce combiné à différentes conduites alimentaires après le sevrage sur les performances zootechniques de la chevrette ainsi que sur le développement de sa glande mammaire. Pour répondre à l’objectif de la thèse, 4 essais ont été menés au cours de ce travail de thèse. Les deux premiers essais avaient pour objectif d’évaluer l’incidence de la réduction du poids de sevrage couplé à deux conduites alimentaires sur la croissance, les paramètres de reproduction et la production laitière en première lactation et de valider la faisabilité d’un sevrage précoce (10 kg). Ces deux premiers essais nous ont permis de montrer que le sevrage précoce n’impacte pas les performances zootechniques de chevrettes au cours des deux premières années de vie. La conduite alimentaire a quant à elle une incidence forte sur la croissance sans affecter significativement les performances ultérieures. Lors de nos premiers essais, les deux conduites alimentaires contenaient une phase d’alimentation à volonté. Nous avons donc travaillé sur le niveau d’apport alimentaire et son impact sur les performances zootechniques mais également sur le développement de la glande mammaire en phase pré-pubère et à mi- gestation. Trois niveaux alimentaires (bas, modéré et haut) ont été appliqués après un sevrage précoce jusqu’à la puberté. L’augmentation du niveau d’apport alimentaire a augmenté la croissance et le développement corporel des chevrettes. Aucun effet du niveau alimentaire n’a été observé sur le développement de la glande mammaire et la production laitière. L’augmentation du niveau alimentaire après un sevrage précoce n’a pas permis d’avancer l’âge à la puberté ni l’âge à la première mise bas. Dans le but de mieux comprendre l’impact du niveau d’énergie et de protéines dans l’alimentation, un quatrième essai a été mis en place. Il consistait à tester trois aliments (standard, haut protéine, haut protéine/haut énergie) à un même niveau d’apport. Les chevrettes ont reçu un des trois concentrés après un sevrage précoce jusqu’à la mi- gestation. Aucun effet de la composition en énergie et en protéine de l’aliment sur la croissance et le développement corporel n’ont été observés au cours de cet essai.
L’ensemble des résultats obtenus au cours de la thèse nous ont permis de montrer que le sevrage précoce était tout à fait envisageable en élevage caprin sans avoir de réduction de la croissance, de problèmes de mise à la reproduction ou une réduction de la production laitière. De plus, après un sevrage précoce, la croissance est fortement impactée par la conduite alimentaire appliquée en phase pré-pubère. Toutefois, le développement mammaire pré-pubère n’est pas modifié par un haut niveau alimentaire au cours de cette phase et donc la production laitière en première lactation n’est pas diminuée. Les paramètres de reproduction ne sont pas altérés par une conduite alimentaire restreinte contrairement à la génisse. La chèvre semble être un animal sensible à des modifications de la conduite d’élevage en phase pré-pubère.