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Site institutionnel d'Agrocampus OuestAGROCAMPUS OUEST

Institut national supérieur des sciences agronomiques, agroalimentaires, horticoles et du paysage

Évaluation de stimulateurs de vitalité des plantes ou Estim

Philippe Grappin est enseignant-chercheur en génétique moléculaire et physiopathologie végétale à AGROCAMPUS OUEST depuis la rentrée 2013. Dans le cadre de ses recherches  dans l’UMR IRHS (Institut de recherche en horticulture et semences) sur le campus d’Angers, il coordonne le projet du LabCom ESTIM qui vient d’être financé par l’ANR. Ce projet de création d’un laboratoire mixte dédié au développement d’outils d’évaluation de produits de bio-contrôle et de biostimulants des cultures devra contribuer à une meilleure intégration de ces produits en remplacement des pesticides dans les pratiques culturales.
Cette initiative associant l’expertise des acteurs de la recherche sur les technologies de phénotypage et le savoir-faire de la PME AREXHOR Pays de Loire pour les expérimentations de terrain, a la vocation de favoriser les projets d’innovation et leur valorisation économique.

 

« Outre le coté prestigieux et valorisant de décrocher un projet ANR dans une carrière de scientifique, ce type d’initiative demande d’aller au bout de ses conviction de rester dans une énergie très positive à fédérer un tel collectif si l’on veut réussir structurer pôle de renommée sur le biocontrôle  à ANGERS. Ce travail  en mode projet au-delà de la logique thématique des équipes est une aventure très stimulante», explique Philippe Grappin.

 

ESTIM recevra un financement de 300 000 €. Le projet qui vient de démarrer au 1er mars 2016 et se terminera en mars 2019. Des rapports d’étapes réguliers devront être produits pour faire état des travaux.

Philippe Grappin  témoigne :

Qu’est-ce qu’un projet ANR ?

Il s’agit d’un projet validé et financé par l'Agence nationale de la recherche. L’ANR a été créé pour piloter les orientations de la recherche sur le territoire français. La mission de cette agence est de contribuer au développement des sciences et technologies, de mobiliser des équipes de chercheurs vers des enjeux stratégiques en phase avec des questions sociétales, d’accélérer la production et le transfert de connaissances pour le développement économique de nos entreprises et de favoriser les interactions pluridisciplinaires voir les collaborations internationales.

 

Qu’est-ce qu’un LabCom ?

C’est un programme lancé par l’ANR depuis 2013. L’objet de ce programme visant la création de laboratoires avec une gouvernance commune entre le partenaire académique et l’entreprise, est d'inciter les acteurs de la recherche publique à créer de nouveaux partenariats avec une PME ou une ETI (entreprise de taille intermédiaire). Ceci dans le but de mieux faire remonter les problématiques rencontrées par le professionnel au niveau des laboratoires de recherche.  Le pari de cette étroite mixité est de faire émerger de nouveau champs de recherche, de stimuler l’innovation avec une véritable implication de l’entreprise et de favoriser le développement économique et la création de nouveaux emplois.

 

Que signifie ESTIM ?

ESTIM pour Évaluation de STIMulateurs de vitalité des plantes. C’est le nom du projet déposé par Philippe Grappin qui en est le coordonnateur.
Ce projet incite au développement des biotechnologies dédiées à une utilisation plus efficace des stimulateurs de vitalité des plantes en remplacement des pesticides pour une agriculture durable.

 

Quel est concrètement l’objet de la recherche ?

L’enjeu est d’améliorer la qualité des productions végétales tout en réduisant l’usage d’engrais et de phytosanitaires (en lien avec le Plan national écophyto). Pour cela, il s’agit de mobiliser de nouvelles technologies pour caractériser l’état physiologique de la plante et par conséquent son niveau de réceptivité à un stimulateur avant le traitement. L’agriculteur a besoin de savoir quand traiter et dans quelles circonstances.  Il faut ensuite pouvoir vérifier l’efficacité du traitement sur la culture pour limiter leur fréquence ou anticiper les utilisations inutiles de pesticides.
Outre cet objectifs in fine de création d’outils d’aide à la décision pour l’agriculteur, le développement de ces technologies au laboratoire permettra d’identifier le mode d’action de ces produits stimulants sur les mécanismes physiologiques de la plantes, qu’il  s’agisse d’un changement de sensibilité vis-à-vis de conditions environnementales, des changements de comportement en terme de morphogenèse ou de croissance, ou d’induction d’une réponse  immunitaire pour mieux résister au pathogènes. Surtout ces outils vont apporter un éclairage pour optimiser les méthodes de traitement en fonction des spécificités de chaque système de culture mais aussi permettre au généticien de sélectionner d’autres variétés mieux adaptées à ces nouveaux intrants. « Les modèles vigne et tomate ont été choisis pour réaliser la preuve de concept de ces technologies », complète Philippe Grappin.

 

Comment a-t-on l’idée de cette thématique ?

La profession se heurte à un déficit d’outils permettant d’estimer l’état de réceptivité et la réponse exacte de la plante à ces actifs. « J’ai identifié un besoin à la suite de discussions avec les professionnels et leur constat de ne pas savoir toujours utiliser les produits phytosanitaires. Ils ont conscience que l’évolution des pratiques agricoles intégrant une démarche agroécologique nécessite de complètement revisiter nos méthodes de gestion des cultures ainsi que  les critères de progrès génétique pour nos futures variétés cultivées. De là est née la prise de conscience d’un réel  besoin d’innovation technologique pour mieux évaluer l’efficacité des stimulateurs de vitalité des plantes», explique Philippe Grappin.
Ces nouvelles technologies  vont contribuer à identifier de nouveaux actifs, optimiser leur formulation et leur application, soutenir leur certification, donner des critères pour la règlementation et permettre d’aller vers une agriculture de précision pour les producteurs. « Nous devons convertir les problématiques de terrain en questions de recherche pour mieux cibler nos innovations », souligne Philippe Grappin.

 

Quels acteurs participent au projet ?

Le LabCom ESTIM réuni les chercheurs des équipes ARCH-E, EMERSYS, FUNGISEM et RESPOM de l’UMR IRHS (Inra-AGROCAMPUS OUEST-Université d’Angers) et du LARIS (Université d’Angers), avec la PME AREXHOR Pays de Loire. « Le Labcom réunit des équipes pluridisciplinaires, au-delà des équipes de recherches classiques. Nous sommes dans une logique de projet et de compétences disciplinaires très complémentaires. Le projet met en réseau des acteurs publics et privés, qui ont tous la volonté de mieux comprendre et d’avancer ensemble », explique Philippe Grappin.

 

Pour en savoir plus, télécharger le diaporama présenté par Philippe Grappin à la conférence Ecophyto, au SIVAL, le 12 janvier 2016.

 

 

Contacts

Philippe Grappin
philippe.grappin@agrocampus-ouest.fr

Unité pédagogique Gestion des ressources génétiques, de la qualité des produits horticoles et semences
Département Sciences du végétal pour l'agriculture et l'horticulture

Institut de de recherche en horticulture et hemences, équipe Fungisem
Unité mixte de recherches Inra-AGROCAMPUS OUEST-Université d’Angers