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Site institutionnel d'Agrocampus OuestAGROCAMPUS OUEST

Institut national supérieur des sciences agronomiques, agroalimentaires, horticoles et du paysage

Faits marquants

Dans une dynamique formation-recherche-innovation, les enseignants-chercheurs mènent ainsi, au sein d’unités labellisées mixtes à 80%, des recherches académiques et finalisées dans les 5 grands domaines à fort potentiel applicatif que l’établissement s’engage à développer :
• Végétal, animal, systèmes
• Enjeux environnementaux - ressources, territoires et ville
• Halieutique, mer et littoral
• Alimentation
• Paysages

Loin de prendre en compte l’ensemble des activités et productions des unités de recherche d’AGROCAMPUS OUEST, les faits marquants illustrent l’activité 2016 des cadres scientifiques de l’établissement qui partagent leur temps entre recherche et formation.

Végétal, animal, systèmes

Génétique et génomique des ressources biologiques pour l'agriculture

Mieux comprendre la génétique de l'efficacité alimentaire et de l'adaptation chez la poule

Les ressources alimentaires pour l’élevage devenant de plus en plus limitées et objet de concurrence, tout particulièrement avec l’alimentation humaine, la maitrise de l’efficacité alimentaire et des capacités d’adaptation des animaux à des conditions d’alimentation changeantes sont aujourd’hui de réels enjeux pour les filières animales. Des retombées en sélection génomique sont attendues pour ces caractères. Dans ce contexte, un des objectifs de l’équipe de « Génétique et Génomique » de l’UMR PEGASE est de décrire, chez la volaille, l’architecture génétique de ces caractères, ainsi que d’étudier la régulation du métabolisme des lipides et de l’expression génique, ces régulations constituant des leviers d’action du génome de l’animal pour répondre aux variations d’environnement.

Deux résultats de 2016 marquent l’avancée des travaux :

• Les zones influençant les caractères de production et de qualité des œufs varient en fonction du régime alimentaire reçu par les poules pondeuses. Les zones chromosomiques (QTL) influençant les caractères de ponte et de qualité des œufs ont été recherchées par une analyse d’association à l’échelle du génome. Cent trente et un QTL ont été détectés et, parmi eux, 48 ont un effet différent selon le régime alimentaire reçu par les poules. Ces résultats démontrent l’existence d’une réponse des poules à leur environnement, réponse passant par une régulation de l’expression de certains gènes.
• Mise en évidence d’une nouvelle facette du génome de la poule : les gènes «longs non-codants». La description des éléments fonctionnels des génomes est encore partielle. Alors que les gènes codant des protéines sont assez bien décrits pour les espèces animales d’élevage, une autre source de gènes tout aussi importante est encore mal connue dans ces espèces, les ARN longs non-codants. Ces gènes ne codent pas de protéines mais interviennent dans la régulation de leur expression. Cette étude a permis d’établir un premier catalogue de gènes long non-codants chez la poule, et ce pour deux tissus métaboliquement importants que sont le foie et le tissu adipeux

Contact : Sandrine Lagarrigue et Pascale Leroy (INRA),
sandrine.lagarrigue@agrocampus-ouest.fr

Identifier les déterminants génétiques de l'efficacité d'utilisation de l'azote chez le colza

La culture du colza est très exigeante en intrants, notamment en intrants azotés. Malgré une forte capacité d’absorption de l’azote (N) pendant la phase de croissance végétative, le colza présente une faible efficacité d’utilisation de l’azote (NUE) ce qui limite considérablement la valorisation dans le processus d’élaboration du rendement. La création variétale est une des réponses à cette question. Pour cela, la connaissance du déterminisme génétique de l’efficacité d’utilisation de l’azote est un pré-requis. Dans le cadre du projet RAPSODYN (PIA 2012-2019), l’équipe Rendement sous contrainte abiotique de l’UMR IGEPP a mis en évidence que le génotype, ainsi que le niveau de fertilisation azotée, avaient un impact sur le rendement. Il existe toutefois une faible interaction entre ces deux effets : les génotypes les plus performants en conditions d’azote limitantes restent les plus performants en conditions non limitantes. 51 régions génomiques impliquées dans l’efficacité d’utilisation de l’azote ont été identifiées. La stabilité et la sensibilité de ces régions face à la contrainte azotée et aux facteurs environnementaux ont été analysées. Les résultats ont montré que l’effet de ces zones sur le rendement est dépendant du niveau de fertilisation azotée mais est surtout dépendant de l’environnement dans lequel la culture s’est mise en place (conditions pédo-climatiques…). Certaines zones ont été identifiées uniquement dans certaines conditions environnementales.

Contact : Anne Laperche et Nathalie Nesi (INRA),
anne.laperche@agrocampus-ouest.fr

Améliorer les plantes en accélérant leur potentiel évolutif

Étienne Bucher vient d’obtenir une bourse du Conseil européen de la recherche dans la catégorie “Consolidator Grants”. Le Conseil européen de la recherche récompense chaque année des projets innovants et encourage une « recherche à la frontière de la connaissance dont l’unique critère de sélection est l’excellence ». Les travaux de l’équipe Epicenter de l’UMR IRHS portent sur les modifications épigénétiques, notamment celles impliquées dans le contrôle de la résistance vis-à-vis des agents pathogènes et du développement des plantes.
Les mécanismes épigénétiques concernent l’ensemble des modifications qui vont affecter l’expression des gènes d’une cellule et qui sont transmissibles d’une génération de cellule à une autre. Ces modifications sont dites épigénétiques car elles ne concernent pas la séquence de l’ADN mais des signaux chimiques portés par l’ADN et que la cellule est capable d’interpréter. Une des fonctions centrales de ces modifications épigénétiques est d’empêcher l’activité des éléments transposables (ETs). Les ETs jouent un rôle central dans l’évolution des plantes, par exemple dans l’adaptation à des stress.
L’équipe Epicenter a découvert qu’il est possible de mobiliser ces ETs par des traitements avec des molécules spécifiques. Cette méthode, qui a été brevetée, permet pour la première fois d’activer les ETs d’une manière contrôlée et de les utiliser pour améliorer les plantes en accélérant leur évolution naturelle, afin qu’elles s’adaptent plus rapidement aux stress environnants.
Cela pourrait permettre de créer des plantes capables de s’adapter plus rapidement aux nouvelles menaces, sans avoir recours aux croisements ou transformations génétiques interdits par la politique européenne.
La bourse ERC est dédiée à la mise en place du projet BUNGEE (Directed crop breeding using jumping genes), dont l’objectif est de poursuivre les recherches fondamentales sur Arabidopsis et d’adapter et d’appliquer la méthode au riz, soja et plus tard sur le pommier.

Contact : Etienne Bucher (INRA), etienne.bucher@inra.fr

Proposer des modèles statistiques pour mieux appréhender la complexité des données génomiques

Un enjeu majeur de la génomique actuelle réside dans la capacité à traiter et interpréter les masses de données générées par les avancées en biotechnologie.
Par exemple, les données issues du séquençage haut-débit sont caractérisées par la mesure d’un volume important de marqueurs génétiques fortement structurés. L’analyse statistique de ces données est ainsi confrontée à des défis statistiques et sociétaux actuels incluant l’analyse de données dépendantes en grande dimension, thème principal porté par l’équipe de statistique de l’UMR IRMAR. Dans ce contexte, Mathieu Émily a soutenu en 2016 son habilitation à diriger des recherches en mathématiques. Cette habilitation résume un ensemble de travaux portant sur quatre grands défis principaux : la conception et la planification d’expériences optimisant la puissance statistique, la modélisation des types de variables mesurées, la formalisation d’hypothèses de tests pertinentes du point de vue biologique et la prise en compte de la structure des données. Les contributions théoriques ont notamment porté sur les tests d’association, la détection d’interaction, la sélection de variables et la correction pour les tests multiples. Chacune de ces contributions a été orientée et validée dans le domaine des études d’association pangénomiques, permettant notamment l’élaboration de listes de gènes potentiellement impliqués dans le processus de développement de maladies complexes, comme le diabète de Type I, le cancer du sein ou la maladie de Parkinson.

Contact : Mathieu Émily, mathieu.emily@agrocampus-ouest.fr 

Biologie intégrative des organismes microbiens végétaux et animaux

L'étude de la plasticité mammaire au cours de la lactation chez la vache laitière

L’équipe Physiologie de la lactation et synthèse du lait de l’UMR PEGASE étudie les mécanismes biologiques de la production de lait afin de promouvoir les systèmes d’élevage permettant de contrôler la production et la composition du lait tout en préservant l’efficacité de la production et le potentiel laitier de l’animal. Un accent particulier est mis sur l‘étude de la plasticité de la glande mammaire en réponse aux pratiques d’élevage, afin de mieux comprendre les mécanismes d’adaptation et d’adaptabilité des femelles en lactation à des systèmes de production très changeants.
La lactation est la phase finale du cycle de reproduction des mammifères. Le lait est produit par la glande mammaire qui se met en place pendant la gestation et disparaît durant le tarissement. La glande mammaire est ainsi un organe dynamique et complexe, composé de nombreux types cellulaires contribuant à la production du lait. L’équipe cherche à caractériser une partie des populations cellulaires présentes au sein de la mamelle chez la vache laitière et à étudier leur dynamique au cours d’un cycle de lactation (de la fin de la gestation au tarissement).
Des biomarqueurs de surface (CD49f, CD24, CD10 et EpCAM) permettant de caractériser différents types cellulaires dans deux lignées de cellules mammaires bovines, MAC-T et BME-UV, ont d’abord été identifiés. Ces biomarqueurs ont ensuite été utilisés pour phénotyper, par cytométrie de flux, les cellules épithéliales souches, progénitrices, sécrétrices et myo-épithéliales, isolées à partir de biopsies mammaires réalisées au cours d’une lactation.
Ces analyses ont pu mettre en évidence plusieurs éléments :
• il y aurait une corrélation positive entre le nombre de cellules épithéliales, de cellules progénitrices bipotentes et le niveau de production laitière ;
• une population cellulaire impliquée dans le renouvellement mammaire a été mise en évidence ; cette population augmente au cours de la lactation ;
• les populations cellulaires liées aux cellules souches varient peu au cours de la lactation.
Ces résultats suggèrent que de nombreux types cellulaires mammaires seraient fixés au cours du développement de la glande mammaire et notamment dans la phase pré-pubère. La possibilité de manipuler ce pool de cellules mammaires durant le jeune âge par l’alimentation reste à étudier.

Contact : Frédéric Dessauge (INRA) et Vanessa Lollivier,
vanessa.lollivier@agrocampus-ouest.fr 

Émergence du rôle de la symbiose dans le contrôle biologique des ravageurs des cultures

Les insectes sont les principaux ravageurs des cultures, ce qui justifie la nécessité de stratégies de contrôle pour limiter les pullulations de populations et la transmission aux plantes de virus dont ils sont d’importants vecteurs.
Les méthodes efficaces et durables doivent cependant s’appuyer sur une solide connaissance des processus d’adaptation, d’interaction et de régulation opérant dans les populations et les communautés d’insectes associés aux agroécosystèmes.
L’équipe Écologie et génétique des insectes de l’UMR IGEPP développe des recherches sur les pucerons et les mouches attaquant les grandes cultures et les plantes maraichères, ainsi que sur leurs ennemis naturels, pour comprendre comment ils évoluent en réponse à des changements anthropiques, et maximiser le potentiel de régulation biologique de ces ravageurs dans les agroécosystèmes.
Dans les paysages agricoles, la plupart des insectes ravageurs abritent des bactéries symbiotiques pouvant conférer une protection vis-à-vis des ennemis naturels (pathogènes, parasites, prédateurs). Dans ce contexte, l’équipe a analysé la symbiose entre la bactérie Hamiltonella defensa et le puceron du pois, grand ravageur des légumineuses. Cette bactérie peut conférer aux pucerons qui l’hébergent une résistance vis-à-vis de leur principal ennemi naturel, l’insecte parasitoïde Aphidius ervi. Les travaux récents de l’équipe ont eu pour objectif de mesurer la variabilité du niveau de résistance conférée par cette symbiose bactérienne dans les populations naturelles. Les résultats montrent que le potentiel de résistance peut être très variable (d’une résistance complète à une absence de protection) et que les sources de variation sont génétiques (expression combinée du génome du puceron et du génome de son symbiote) et environnementales (la plante utilisée par le puceron).
Ces résultats permettent de préciser la relation entre composition et structure d’un agroécosystème et potentiel de résistance chez les ravageurs, et de définir une composition spécifique des unités écologiques d’un paysage agricole maximisant le service de régulation biologique.

Contact : Jean-François Simon et Yannick Outreman (INRA),
yannick.outreman@agrocampus-ouest.fr 

Gestion agrécologique des bioagresseurs

Diversité, adaptation climatique, compromis évolutifs : 3 moteurs pour la ré-émergence du mildiou des Solanacées

Le changement climatique, l’intensification agricole et les pratiques culturales associées (homogénéité variétale, protection phytosanitaire essentiellement curative) et la mondialisation des échanges commerciaux amènent des risques accrus d’émergence ou de ré-émergences de parasites très nuisibles aux productions végétales. C’est le cas de Phytophthora infestans, agent du mildiou des Solanacées, dont l’importance économique est considérable.
Prévenir les émergences nécessite une connaissance intime des populations du parasite et des moteurs de leurs évolutions. L’équipe Résistance et adaptation de l’UMR IGEPP travaille à décrire, comprendre et à terme prédire les traits phénotypiques et génétiques gouvernant le pouvoir invasif au sein des populations de P. infestans, afin de les insérer dans les outils d’aide à la décision (OAD) employés pour le contrôle du mildiou des Solanacées. En effet, ces outils ne sont actuellement fondés que sur l’évaluation du risque météorologique (périodes favorables à l’infection), mais n’intègrent en rien les caractéristiques des populations parasites locales.
L’équipe coordonne le projet européen IPMBlight 2.0. financé par à l’Era-net C-IPM qui implique 8 institutions (recherche, développement, sélection) de 5 pays européens concernés par le mildiou de la pomme de terre : France, Danemark, Norvège, Estonie et Royaume-Uni.
L’objectif à terme est de produire de nouveaux outils pour l’épidémio-vigilance des populations européennes de mildiou, de diffuser en temps réel les données de surveillance via la plate-forme collaborative Euroblight, et de construire une nouvelle génération d’OAD combinant ces données avec l’évaluation des risques climatiques. Ainsi, les utilisateurs disposeront des bases scientifiques pour des prises de décisions éclairées et l’amélioration des stratégies de lutte.

Contact : Didier Andrivon (INRA), didier.andrivon@inra.fr

Gestion et qualité des productions horticoles, des semences et plants

L'identification d'un gène contrôlant la longévité des graines de légumineuses

La production de graines de haute qualité germinative est fondamentale en agriculture. En effet, elle conditionne l’établissement du peuplement végétal et le rendement des cultures, ainsi que la préservation des ressources génétiques. Ces deux facteurs dépendent de la longévité des graines, c’est-à-dire leur capacité à rester vivantes et vigoureuses très longtemps pendant leur stockage avant semis. Or les mécanismes qui régulent l’acquisition de la longévité pendant le développement restent très peu connus.
Des approches de génétique chez la légumineuse modèle Medicago Truncatula et le pois ont identifié le gène ABI5 (ABA INSENSITIVE 5) comme régulateur de la longévité. Il s’agit d’un facteur de transcription impliqué dans la signalisation de l’acide abscissique (ABA), une hormone qui régule le développement des graines et la réponse aux stress environnementaux. Le gène ABI5 joue un rôle majeur et inédit dans la maturation de la graine pendant qu’elle se prépare à survivre à l’état sec. Il contrôle la synthèse de sucres oligosaccharides de la famille raffinose et l’accumulation de protéines de stress, ces composés étant connus pour protéger la graine à l’état sec. De manière inattendue, ABI5 régule également les gènes impliqués dans la photosynthèse et indirectement la rétention de la chlorophylle dans les graines matures. Cette étude offre une nouvelle vision du lien entre les qualités germinative et nutritionnelle des graines. La recherche de solutions aux problèmes anti-nutritionnels liés aux graines vertes et aux oligosaccharides chez les légumineuses ne peut pas être dissociée de la qualité germinative et la longévité.
Ce travail a fait l’objet de la couverture de la revue Plant Cell. Il a été réalisé dans le cadre d’une thèse au sein de l’équipe Conservation et tolérance aux stress des semences de l’UMR IRHS et est le fruit de collaborations avec d’autre équipes de l’UMR IRHS, de l’UMR Agroécologie de Dijon, de l’Institut des sciences des plantes Paris-Saclay et de l’Institute of Molecular Physiology et Biotechnologiques of Plants, Université de Bonn, Allemagne.

Contact : Olivier Leprince, olivier.leprince@agrocampus-ouest.fr

Plantes ornementales et végétal en ville

Des hormones végétales cibles très précoces de la lumière dans le contrôle du débourrement des bourgeons

La ramification d’une plante cultivée conditionne son rendement (par le nombre d’axes florifères et fructifères produits), sa résistance aux maladies (par le microclimat au sein d’une couronne plus ou moins dense), et sa qualité visuelle (par la forme qu’elle génère). Comprendre et maîtriser la ramification d’une plante est donc essentiel pour une meilleure maîtrise de la production et de la gestion des plantes cultivées. La ramification est un processus très complexe sous le contrôle des facteurs endogènes (hormones et nutriments) et exogènes (facteurs environnementaux). L’objectif de l’équipe Biologie intégrative de l’architecture et environnement de l’UMR IRHS est de comprendre comment la plante intègre l’ensemble de ces facteurs pour adapter sa ramification et donc son développement. Cette équipe s’appuie sur une approche pluridisciplinaire et multi-échelle.
Les mécanismes de perception et de transduction du facteur lumineux dans les bourgeons restent encore peu connus. Des travaux antérieurs de l’équipe ont permis de montrer que le rosier présente une forte réponse aux conditions de lumière avec une inhibition totale du débourrement à l’obscurité chez les plantes décapitées et défoliées, le bourgeon étant lui-même l’organe percepteur de la lumière. Cet effet de la lumière s’accompagne d’une modification du métabolisme de sucres, de la synthèse et la signalisation des hormones telles que les gibbérellines, les strigolactones et les cytokinines.
Les résultats de l’équipe commencent donc à identifier des réseaux de régulation originaux du contrôle du débourrement, en s’appuyant sur des collaborations avec une équipe tchèque (Laboratory of Growth Regulators, Faculty of Science, Palacký University and Institute of Experimental Botany).

Contact : Soulaiman Sakr et Nathalie Leduc (Université d’Angers),
soulaiman.sakr@agrocampus-ouest.fr

Lancement du premier projet européen sur les solutions inspirées de la nature pour les villes de demain Nature for Cities (N4C)

Dans un contexte d’urbanisation croissante, le besoin de végétal en milieu urbain devient une expression forte de la population en raison des nombreux bienfaits qu’il procure. Cependant, les collectivités et décideurs publics sont confrontés à la difficulté de trouver des solutions d’aménagements qui autorisent un équilibre entre les enjeux agro-environnementaux, économiques et sociaux. Il s’agit notamment de voir en quoi des solutions telles que les murs et toitures végétalisés, les noues et bassins d’infiltrations, les parcs et jardins, mais aussi les arbres d’alignement, peuvent être conçues en garantissant : l’infiltration des eaux de ruissellement et la limitation des risques de pollution des sols et des nappes, le rafraichissement urbain, la biodiversité végétale et animale, des coûts raisonnables de gestion des espaces verts, et, enfin, des conditions de santé bien-être. L’objectif de ce projet N4C est de structurer et de développer une plateforme interactive à destination des acteurs de la ville, en proposant bases de données, outils d’aide à la décision, et outils d’évaluation pour la mise en place d’aménagements basés sur la nature en milieu urbain.
Le projet N4C réunit 26 partenaires européens de 8 pays différents : 5 centres technologiques de pointe, 4 universités, 2 grandes entreprises du secteur de la construction, 8 PME et start-ups, 2 clusters et 4 villes pilotes.
Au sein d’AGROCAMPUS OUEST, ce sont 10 scientifiques de 3 unités de recherche (EPHOR, BAGAP et IRHS) qui sont impliqués, permettant d’apporter des compétences en sciences du sol, bioclimatologie, biodiversité et écologie urbaine et sciences du végétal. Ils travailleront plus particulièrement sur l’identification, la sélection et le test d’indicateurs agro-environnementaux et sociaux pour évaluer la performance des solutions basées sur la nature. Les résultats du projet sont prévus pour 2020.

Contact : Patrice Cannavo, patrice.cannavo@agrocampus-ouest.fr 

Evaluation multicritères et conception agroécologique des systèmes mixtes de productions agricoles

Évaluer la synergie entre les productions animales et les cultures pour concevoir des systèmes agricoles potentiellement plus durables

L’année 2016 a été celle de la clôture du projet européen Cantogether coordonné par l’UMR SAS et impliquant des acteurs-clés du secteur agricole (fermiers, conseillers, décideurs et acteurs de la chaine alimentaire) et des chercheurs à travers toute l’Europe : 27 partenaires publics et privés de France, Espagne, Irlande, Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne, Suède, Pologne, Suisse et Italie.
Ce projet avait pour objectif d’évaluer des stratégies d’association des productions animales et des cultures au sein de systèmes agricoles mixtes pour concevoir des systèmes potentiellement plus durables. De ce point de vue, le type d’interaction entre les trois composantes des systèmes mixtes (cultures, prairies et animaux) est apparu essentiel. Quatre types d’interaction ont été identifiés selon le niveau de synergie entre les cultures et l’élevage : la coexistence simple des ateliers, leur complémentarité, leur synergie au sein d’une même exploitation, leur synergie au sein d’un territoire. Ce canevas a été utilisé pour concevoir des systèmes innovants à travers une approche participative mobilisant des décideurs, des techniciens et des chercheurs.
Des évaluations ex-ante ont identifié les innovations les plus prometteuses, qui ont été mises en œuvre dans un réseau européen de 24 études de cas au sein de fermes expérimentales ou commerciales et au sein de groupes de fermes. Les innovations testées étaient en majorité basées sur des principes agroécologiques de diversification des rotations culturales, de valorisation des espaces semi-naturels ou encore d’optimisation des intercultures. Ces tests ont confirmé que l’intégration physique et la complémentarité entre les cultures et les animaux et non pas justement leur coexistence, sont indispensables pour améliorer la performance environnementale de l’exploitation agricole, néanmoins souvent aux dépens d’une charge de travail accrue et d’une dégradation de la productivité et des performances économiques. Si certaines exploitations ont su atteindre des performances environnementales et économiques toutes deux satisfaisantes, c’est parce qu’elles ont su combiner des critères techniques et économiques dans la phase de conception des innovations. A l’échelle des territoires, la collaboration entre exploitations a amélioré de façon générale la productivité et les performances économiques, mais les bénéfices environnementaux potentiels ont souvent été limités par le choix des agriculteurs de profiter des nouvelles ressources disponibles pour intensifier leurs productions. Néanmoins, la coopération entre exploitations a conduit à certains bénéfices environnementaux par accroissement de l’efficience des intrants et par réduction des impacts environnementaux des productions agricoles en les évaluant par kg de produit.
Au final, un apport majeur du programme Cantogether concerne les recommandations faites à la Commission Européenne pour promouvoir une complémentarité entre les productions animales et végétales.

Contact : Matthieu Carof, matthieu.carof @agrocampus-ouest.fr

L'alimentation : un levier pour réduire l'impact environnemental de la production porcine

Différentes études récentes ont évalué, par analyse de cycle de vie (ACV), les effets de l’alimentation sur les impacts environnementaux de la production porcine. Cependant, la plupart de ces études ont été conduites en Europe et la question des interactions avec le contexte de production reste posée.
L’objectif de ce travail était d’évaluer par ACV les effets de différentes stratégies de formulation des aliments (diversité des sources de protéines, origines du soja, niveaux d’addition d’acides aminés libres) en combinaison avec différentes modalités d’alimentation (biphase, multiphase, alimentation de précision) chez le porc à l’engraissement, dans deux situations contrastées, le Brésil et la France. Les performances et l’excrétion des animaux étaient simulées à l’aide du modèle population d’InraPorc®.
Les résultats montrent des interactions significatives entre programme alimentaire, origine du soja et localisation de la production. Pour l’impact changement climatique, l’intérêt de l’alimentation par phases et de l’addition d’acides aminés libres est limité et même contreproductif au Brésil lorsque le soja provient du Sud du Brésil (sans déforestation), alors que c’est une stratégie intéressante en Europe et, dans tous les cas, lorsque le soja provient du Centre-Ouest du Brésil (avec déforestation). Des effets similaires sont observés pour la demande en énergie. A l’inverse, l’alimentation par phases et l’addition d’acides aminés réduisent significativement les impacts eutrophisation et acidification, de la même manière dans les deux pays. Pour tous les impacts, l’alimentation de précision, la seule stratégie à tenir compte-tenu de la variabilité entre animaux est toujours la stratégie la plus efficace pour réduire les impacts environnementaux.
Ce travail confirme l’importance du levier alimentation pour réduire l’impact environnemental de la production porcine. L’aliment de précision apparait une technique très prometteuse, confirmant ainsi l’intérêt à poursuivre les recherches sur le développement et l’application en élevage de cette technologie.
Ceci est en cours dans le cadre du programme Européen Feed-a-Gene.

Contact : Jean-Yves Dourmad (INRA), jean-yves.dourmad@inra.fr

Politique agricole

L'analyse des effets de politiques publiques sur l'adoption par les agriculteurs de pratiques innovantes à bas niveaux d'intrants dans une logique de réduction de l'utilisation des pesticides

Le plan Ecophyto débuté en 2008 et visant à réduire progressivement l’utilisation des produits phytosanitaires en France a été réaffirmé en 2015.
À l’horizon 2020, une réduction de 25% des niveaux de pesticides observés au cours des 10 dernières années est visée, puis une réduction de 25% supplémentaire à l’horizon 2025. Malgré une volonté forte de l’état et de la mise en place d’importants outils pour faire évoluer les pratiques agricoles, la consommation de produits phytosanitaires ne cesse d’augmenter, notamment en raison de la hausse des prix des céréales observée depuis 2007.
Après avoir estimé un modèle économétrique issu de travaux menés depuis plusieurs années et représentant les choix d’assolements, de production et d’utilisations d’intrants d’agriculteurs spécialisés en céréales, des chercheurs de l’UMR SMART-LERECO ont simulé différents scénarios de prix et de politiques afin d’identifier le contexte économique et politique favorable à l’adoption de pratiques à bas niveaux intrants. Les simulations montrent que, dans un contexte de prix des céréales élevés, l’adoption de nouvelles pratiques à bas niveaux d’intrants ne peut se faire sans incitation économique.
Elles montrent également qu’une taxe sur les pesticides relativement faible donnerait suffisamment d’incitations aux agriculteurs pour modifier leurs pratiques agricoles, rendant ainsi possible une réduction de 25% de l’utilisation des produits phytosanitaires. Une diminution de 50% semble plus difficile à atteindre et nécessiterait la mise en place d’outils politiques supplémentaires.
Les pratiques innovantes étudiées dans ce travail concernent exclusivement la culture du blé tendre. Il s’agit d’associer des itinéraires techniques à bas niveaux d’intrants à de nouvelles variétés rustiques de blé. Ces données proviennent d’expérimentations réalisées par le réseau Picoblé (INRA, Arvalis et chambres d’agriculture). D’autres expérimentations sont en cours en France, notamment sur de nouvelles variétés d’orge.

Contact : Fabienne Femenia (INRA), fabienne.femenia@inra.fr 

Évolution des structures agricoles françaises

Depuis une soixantaine d’années au moins, la France connaît un fort changement structurel en agriculture avec une diminution nette du nombre des exploitations et, parallèlement, un accroissement important de leur taille. Ces évolutions s’expliquent par de nombreux facteurs parmi lesquels on trouve : des déterminants « démographiques », les nouvelles installations n’ayant pas compensé les cessations d’activité, au bénéfice de l’agrandissement des exploitations en place ; le développement des formes sociétaires ; la spécialisation voire « multi-spécialisation » des exploitations ; etc. Que ce soit pour les acteurs privés ou publics du secteur, il est important d’évaluer si les tendances à l’œuvre vont se maintenir ou s’infléchir et ainsi d’anticiper sur ce que pourrait être la population des exploitations agricoles en place à un horizon donné. Du point de vue des acteurs privés, il peut en effet s’agir d’estimer les répercussions que ces évolutions pourraient avoir sur la structuration des filières, que ce soit en amont ou en aval des exploitations. Du point de vue des acteurs publics, une telle information peut permettre d’orienter l’élaboration des politiques à venir en fonction d’objectifs relevant aussi bien d’enjeux économiques qu’environnementaux, territoriaux ou sociaux.
Financée par la chaire « Entreprises et économie agricole » entre le Crédit agricole en Bretagne et AGROCAMPUS OUEST, une thèse menée dans l’UMR SMART-LERECO a permis d’analyser l’évolution des structures agricoles et réaliser des projections démographiques à l’horizon 2025. L’originalité de la thèse, d’un point de vue méthodologique, a été de prendre en compte l’hétérogénéité inobservée des exploitations dans la modélisation des processus de transition caractérisant le changement structurel en agriculture : entrée, sortie, changement de taille, relations avec les voisins sur le marché foncier.
Le modèle développé a permis d’étudier, dans le cas français, l’impact sur les processus de transition d’un certain nombre de déterminants potentiels du changement structurel, comme certaines caractéristiques observées de l’exploitant et de l’exploitation ou encore les aides accordées dans le cadre de la Politique agricole commune européenne.

Contact : Laurent Piet (INRA), laurent.piet@agrocampus-ouest.fr 

Contacts

AGROCAMPUS OUEST

Direction de la recherche

Directrice de la recherche : Emmanuelle Chevassus-Lozza

Directeur de la recherche adjoint, en charge des unités de recherche :  Romain Jeantet

 tél. : +33 (0)2 23 48 56 77

dirsci@agrocampus-ouest.fr